Il a fallu que je m’intéresse au niveau zéro. J’ai pris le temps de lire quelques topics sur les niveaux à laser, mais la technologie, le prix et le fait que j’allais l’utiliser qu’une seule fois m’ont rebuté. Je ne connais personne qui en possède un, et je ne peux pas attendre que le chapiste (on m’a dit que c’est lui qui était surtout outillé pour faire ce genre de chose) le fasse. En effet, j’ai besoin de connaître ce fameux niveau zéro pour mettre mes lattes par-dessus le pare vapeur aux bonnes distances afin de recevoir les panneaux de Fermacel dont je connais la dimension. J’ai donc décidé de le tracer moi-même au bas des murs et pour ce faire, j’ai utilisé un niveau à eau artisanal, revenu du fin fond de mes souvenirs scouts.
La confection d’abord : une réserve d’eau (ici, une bouteille de 2,5 l en plastique, remplie d’eau colorée avec une cartouche d’encre), un tuyau transparent d’une longueur suffisante (ici, 10 m), un mètre, un manche à balai, un marqueur. Plonger une extrémité du tuyau dans la bouteille remplie, aspirer de sorte à remplir le tuyau. Attention à enlever les bulles d’air. Attacher l’autre extrémité du tuyau au manche à balai. Placer la bouteille à une certaine hauteur de sorte qu’elle ne puisse verser, et ne plus la bouger pendant toute l’opération.

Niveau à eau artisanal 1#6
J’ai demandé à mon architecte de venir m’indiquer le niveau zéro. Il est allé trouver le coin dont le niveau du sol était le plus élevé, a compté l’épaisseur de l’isolant (5 cm), celle de la chape de béton (6 cm) et celle du parquet en bambou (1,5 cm). Cela nous donne une épaisseur de 12,5 cm au total au dessus de ce niveau de sol.
A cet endroit, j’ai posé la base du manche à balai et j’y ai fait deux marques au marqueur. La première des deux est celle qui représente le niveau O, à 12,5 cm donc de hauteur à partir du bas. La seconde est le niveau de l’eau à cet endroit. Je me suis arrangé pour que le tuyau soit attaché tout au long du balai et que le niveau de l’eau soit à une hauteur confortable en mettant la bouteille qui sert de point fixe à une hauteur suffisante (cf. photo précédente).

Niveau à eau arisanal 2#6 - Niveau de l'eau à l'endroit du niveau zéro
Une fois ces deux marquages effectués, il ne reste plus qu’à déplacer le manche à balai avec son tuyau à différents endroits du murs.

Niveau à eau artisanal 3#6 - Déplacement
On attend que le niveau se stabilise et on mesure la différence entre le niveau de l’eau et la marque que l’on a faite alors que l’on était au point du niveau zéro. Ici, sur la photo, la marque qui reproduit le niveau de référence fait tout le tour du manche, et pour l’exemple, j’ai fait une petite marque pour montrer la différence de niveau. Cette dernière marque n’est pas à faire dans la réalité, sinon, on ne s’y retrouvera plus quand on fait 36 mesures…

Niveau à eau artisanal 4#6 - Mesure de la différence de niveau
On reporte alors cette différence (en plus ou en moins ; ici, c’est en plus) au niveau du niveau zéro que l’on a marqué sur le bas du manche, lors de la mesure initiale.

Niveau à eau artisanal 5#6 - Partir du niveau zéro
Et on le reporte sur le mur. Voilà une hauteur qui est exactement au niveau zéro calculé au départ, à deux épaisseur de marqueur près, soit 3 mm maximum.

Niveau à eau artisanal 6#6 - Reporter la mesure
Mon architecte me disait que l’appareil qu’il a en sa possession n’avait une précision que du cm… o_O
On fait ainsi des prises de mesures à intervalles réguliers, jusqu’à pouvoir tracer une ligne qui symbolisera donc le niveau zéro dans tout le rez-de-chaussée. Alors, bien sûr, cela m’a pris facilement trois jours, des maux de dos à m’allonger par terre pour éviter des erreurs de perspective, mais en attendant, je suis presque persuadé que mon niveau est juste, pour autant que celui donné par l’architecte le soit. L’avantage de ce système, outre le fait qu’il ne coûte pas cher, c’est sa précision et le fait qu’avec un tuyau suffisamment long, toutes les pièces sont accessibles en même temps, ce qui n’est pas le cas avec un niveau à laser.

La ligne du niveau zéro commence à être tracée
C’est au cours de cette série de mesures que j’ai découvert une mince fente à droite de ma porte d’entrée. C’était le seul passage vers un vide provenant de la construction en ossature bois. Impossible d’y mettre une plaque de fibre de bois. Ma solution : remplir à la main cette colonne carrée de 2,70 m de haut de débris de fibre de bois provenant de mes découpes et tasser avec une lame… J’ai pas fini !

Petit problème - petite fente pour l'isolation