Le barbecue d’intérieur

Ouhlà, deux ans sans écrire, et pourtant tellement d’inspiration grâce à nos amis les bailleurs et vendeurs 🙂

Le marché ne s’est pas amélioré depuis 2016 ; les vendeurs de 2018 sont souvent les bâtisseurs de 2012, et dans un pays qui surtaxe tant l’achat de maison que la construction, ces biens quasi neufs sont invendables – il faudrait les proposer très au dessus du prix du marché pour rentrer dans ses frais. Ce qui amène d’énormes quantités de biens à la location, par des gens qui n’avaient surement pas vocation à être bailleurs ; et ce marché flambe : il faut visiter le premier jour pour avoir une chance de trouver une location.

Dans ce marché de la location surpeuplé d’amateurs, il n’y a hélas pas que des maisons neuves, et même si cette maison-ci est plutôt proposée à un prix honnête, elle n’en mérite pas moins sa Maison Chère.

Avant tout, c’est une représentante de la mouvance mort au home staging que j’ai déjà décrite : finies les corbeilles de fruits frais : on photographie la maison dans toute sa splendeur d’un lendemain de guindaille avec les cendriers qui débordent et les chips dans le divan. Et ça doit continuer !

Saluons déjà l’usage créatif de la capture d’écran de smartphone,  envoyée telle qu’elle sur le site immobilier. J’ai même cliqué naïvement sur « remanier » sur immoweb : non non, c’est bien l’auteur de l’annonce qui nous a envoyé ça ainsi sur le site.

On n’en sait pas beaucoup plus sur la maison mais on sait ;

  • avec quoi il désodorise (visiblement une priorité dans la maison -j’y reviens),
  • avec quoi il repasse,
  • avec quoi il assouplit son linge,
  • avec quoi il détartre ses chiottes,
  • et qu’il préfère être prudent au niveau des réserves de « PQ ».
  • Quand il ne lui fait pas des infidélités avec les petites lingettes humides.

Ici on comprend mal l’intérêt de la photo si ce n’est torpiller toute chance de visite de la location : escalier casse gueule, finitions pas finies, interrupteur que le locataire n’a qu’a acheter les plaques qui vont avec, et, tiens, voilà les réserves de PQ de secours.

Cette photo me donne une seule envie : demander comment on met ses godasses dans le meuble de gauche.

On comprend mieux l’importance des quatre désodorisants avec cette triple écuelle et le bac du chat. Les mauvaises langues diront qu’on comprend aussi mieux les réserves de PQ. Vous me direz « mais MaisonChère tu es dégueu de te moquer c’est la vie » : je me moquerais si j’avais été prendre ces photos chez un ami pour écrire ici, là c’est une annonce de location immoweb et ce sont les photos choisies pour présenter le bien.

Ici clairement ce qui est centré sur cette photo ; c’est le bac du chat. Alors oui, j’en parle.

Je parle, je parle, mais je loupe l’essentiel ; l’aspirateur jaune, non je plaisante ; et pas non plus les 25 kilos de croquettes pour animaux planqués sous l’escalier ni l’obsession des horloges ; mais bien …

une exclusivité mondiale de La MaisonChère…

le…

Barbecue d’intérieur ! Photo réalisée sans trucage, c’est même repris dans la description comme une façon de se faire à manger en hiver ( bonne chance pour trouver les plateaux de viande marinée en Janvier ).

J’avoue que là je ne sais plus trop quoi ajouter.

C’est tellement incongru et improbable que la photo parle un peu d’elle même, mais songeons… Aux odeurs. Au nettoyage. A l’allumage, au fait que … merde… c’est un barbecue en béton d’extérieur relié à une cheminée ! Et à la tête du mec qui devra un jour balayer ce conduit et ressortir avec un furet qui sent la merguez.

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